Hyacinthe Ouattara
LāÅuvre de Ouattara est protĆ©iforme, traversĆ©e par des expressions aussi variĆ©es que : installation, sculpture, peinture, dessin, bribes dāĆ©crits poĆ©tiques, performance, photographie et vidĆ©o.
Porteur dāancestralitĆ©, ses propositions artistiques interrogent la structure du vivant et sāarticulent autour de la matiĆØre perƧue comme corpus dāune organicitĆ© tissant les strates dāune mĆ©moire du monde. Cette mĆ©moire, saisie dans son humanitĆ© la plus profonde, complexe, ambivalente et fragile, se traduit par les trajectoires de ses traits et deses fils qui se nouent, nouent et relientźø
Originaire du Burkina-Faso, nƩ en 1981, Hyacinthe Ouattara est un artiste visuel principalement autodidacte qui vit et travaille en France.
crƩdit photo : Nicolas Brasseur.
LāÅuvre de Ouattara est protĆ©iforme, traversĆ©e par des expressions aussi variĆ©es que : installation, sculpture, peinture, dessin, bribes dāĆ©crits poĆ©tiques, performance, photographie et vidĆ©o.
Porteur dāancestralitĆ©, ses propositions artistiques interrogent la structure du vivant et sāarticulent autour de la matiĆØre perƧue comme corpus dāune organicitĆ© tissant les strates dāune mĆ©moire du monde. Cette mĆ©moire, saisie dans son humanitĆ© la plus profonde, complexe, ambivalente et fragile, se traduit par les trajectoires de ses traits et deses fils qui se nouent, nouent et relientźø
Ses dessins sont la quĆŖte dāune cartographie humaine dans un flux insaisissable, un maillage foisonnant dāindividualitĆ©s en rhizome.
Ses installations prolongent ses recherches Ć travers un vocabulaire plastique interrogeant lāĆ©quilibre et le dĆ©sĆ©quilibre. Elles sont Ć©galement lāinterprĆ©tation renouvelĆ©e dāune tradition cultuelle.
InterprĆ©tation que lāon retrouve dans ses peintures, Ć lāimage de sa sĆ©rie Ć lāindigo Ā« les battements cardiaques de la terre Ā», manifeste du rituel dāÅuvres enfouies sous la terre de son village natal DiĆ©bougouźø
Lāhistorienne de lāart Cindy Olohou Ć©crira dans la monographie Ā« MĆ©lodies ancestrales Ā» consacrĆ©e Ć lāartiste :
Ā« Les installations et les sculptures textiles de Hyacinthe Ouattara tissent la trame dāune archĆ©ologie de lāintimeźø
Il part des souvenirs individuels, en quĆŖte du fil rouge unissant les histoires : traditions, celle du mondeźø La transmission des mĆ©moires sensibles, tel est lāenjeu de ce voyage initiatique et poĆ©tique Ā»źø
Il a pris part Ć plusieurs expositions majeures telles que La Biennale du Caire (2019 ), La Biennale de Dakar (Dakāart 2022) et La Biennale de la Havane (2024)źø Son travail a Ć©tĆ© vu notamment Ć Paris, Accra, Ouagadougou, Londres, Berlin, New-York, Kinshasa, ...
Depuis 2020, Hyacinthe Ouattara est porteur dāun projet musĆ©e Ć ciel ouvert dans la rĆ©gion du Sud-Ouest du Burkina-Fasoźø
Åuvre 1 :
"AnfractuositƩ".
Technique : Bobines de laine, tissu ,couture et fils.
Dimensions : 200x150x20cm.
AnnƩe : 2025.
Åuvre 2 :
"Empreintes". (Projet 193 Gallery, Paris 2023).
Technique : Pelotes de laine, couture, encre, fils de laine, de coton et couture.
Dimensions : 50x100x100cm.
AnnƩe : 2023.
Åuvre 3 :
Projet "Organic Mood"/Installation. (D.Galerie- Paris 2020).
Dimensions :Variable.
Technique : Filet, tissu, boules de laine et de coton, couture.
Choix musical : Lobi TraorƩ "Alah Kabon" (Album: RAINY SEASON BLUES).
Gabrielle Hollensett
Gabrielle Hollensett dans son atelier
āComment je ressens ma peinture.
Le moment où je suis seule avec mes outils et de la musique, absorbĆ©e par la recherche parfois difficile dāun Ć©quilibre, dāune atmosphĆØre, Ć©merveillĆ©e par une couleur posĆ©e qui irradie soudain lāensemble. La recherche d'une lumiĆØre et d'un Ć©quilibre est mon objectif premier. Les Ć©lĆ©ments figuratifs trouvent naturellement leurs racines dans mon vĆ©cu d'enfant du Nord de la France. L'ambivalence des paysages de docks ou de zones industrielles m'Ć©meut, masses imposantes des constructions humaines, cargos, bĆ¢timents, usines, engins de toutes sortes agissent sur moi comme autant de tĆ©moignages de joies et de souffrances. Elles me semblent habitĆ©es par l'Ć¢me humaine toujours tournĆ©e vers la lumiĆØre d'un monde meilleur.ā
100x100 Flamboyances Peinture Ć l'huile sur toile
30x30 Crépuscule Peinture à l'huile sur toile
50x60, Il y a trente ans. Acrylique sur papier
Alexandra Fontaine
Je suis peintre, sculpteur, graveur, je rĆ©alise aussi des installations. Mon travail artistique se compose donc pour chacune de ces techniques de thĆ©matiques qui ont lāair trĆØs diffĆ©rentes, trĆØs Ć©loignĆ©es lāune de lāautre mais qui ne sont pas si diffĆ©rentes que cela puisquāelles mettent Ć lāhonneur la prĆ©sence de la nature et quāelles relĆØvent dāun support commun qui est le papier. Nāayant pas supportĆ© enfant lāenseignement scolaire, je nāai cherchĆ© adulte lāenseignement dāaucune Ć©cole dāart, si ce nāest que quelques cours pas trĆØs concluants de dessin et modelage, et mĆŖme de taille directe aux ateliers BA de la ville de Paris et dans les Yvelines ; mais jāai tout de mĆŖme une formation artistique qui sāest faite naturellement, puisque jāai grandi dans la crĆ©ation dāun pĆØre peintre et mathĆ©maticien, profondĆ©ment mĆ©lomane, qui māa transmis de faƧon tout Ć fait inconsciente son goĆ»t pour lāart.
Ce qui marque lāinspiration de ma crĆ©ation cāest avant tout le voyage, lāĆ©tranger, lāerrance de la marche, et lāattachement Ć un certain paysage de mon enfance. Ce qui en fait le prĆ©ambule, cāest la collection. Je collectionne en effet les ossements, les pierres, les racines, les coquillages⦠des fragments de nature que jāarchive chez moi selon les lois de la collection et du cabinet de curiositĆ©s.
En 1998, aprĆØs deux annĆ©es passĆ©es au Japon auprĆØs dāun maĆ®tre de sculpture, je commence un bestiaire composĆ© essentiellement dāoiseaux et dāinsectes. Un bestiaire en papier charpentĆ© de fil de fer et laissant apparaĆ®tre ici et lĆ des traces de lettres, de mots calligraphiĆ©s au pinceau, dernier souvenir de ce passage au pays du Soleil levant dont jāai encore aujourdāhui la nostalgie. Si ce bestiaire est important pour moi cāest parce quāil est symbolique dāune gestuelle ancestrale que je ne veux surtout pas oublier : lāunique trait de pinceau. Chaque animal en effet est fait de lignes, de ces lignes mouvantes qui disparaissent derriĆØre les superpositions de papier et qui rĆ©sultent de ce geste que jāai appris avec Hiroschi Kumagai, mon professeur de sculpture au Japon et Toshiko Martin pour la calligraphie, en France.
Pour enrichir ce travail de sculpture, je commence la gravure dans les annĆ©es 2000, je mets en place un travail sur le paysage Ć partir de coulures dāacide et dāencre au sucre. Lāaquatinte māemmĆØne inĆ©vitablement vers la revue dāart. Et cāest avec la revue Ā« Passage dāencre Ā» qui publie mes premiĆØres gravures, que je commence Ć māintĆ©resser de plus prĆØs aux textes poĆ©tiques et Ć leurs illustrations imagĆ©es. Livres dāartistes, livres gravĆ©s, livres peints viennent alors au monde avec toujours ce mĆŖme systĆØme qui rĆ©git la loi du livre : dāun cĆ“tĆ© le poĆØme et de lāautre lāimage qui lāaccompagne. Mais il y a aussi les carnets de voyage, trĆØs importants pour moi, surtout Ć partir de lāannĆ©e 2002, lāannĆ©e de la mort de ma mĆØre, où je me mets Ć les utiliser de faƧon presque intensive. Dans cette pĆ©riode charniĆØre où je ne pouvais plus supporter la solitude obligĆ©e du travail artistique, jāai eu lāopportunitĆ© de partir loin, trĆØs loin. Jāavais besoin de me faire mal et jāai vĆ©cu le voyage dans des conditions extrĆŖmes : traversĆ©es du Liban en guerre, du VĆ©nĆ©zuela de Chavez où sāĆ©tait rĆ©fugiĆ© mon frĆØre, marches frĆ©nĆ©tiques sur les volcans du Cap vert et sur ceux dāIslande. Mon atelier Ć moi est devenu mon carnet, un atelier mobile prĆŖt Ć recueillir Ć tous moments lāensemble de mon travail rĆ©flexif. Chacun de mes voyages Ć©tait motivĆ© par lāidĆ©e du carnet, Chaque carnet terminĆ© laissait place Ć un nouveau voyage et Ć un nouveau carnet. Cāest de cette faƧon que jāai conƧu le livre dāartiste et la collaboration avec les poĆØtes : comme un voyage. Un voyage rempli de lāunivers de lāAutre, de ses pensĆ©es, de son ĆŖtre dont je pouvais māinspirer Ć souhait. Jāai cessĆ© alors de voyager, et laissĆ© le monde venir Ć moi, sans jugement et avec beaucoup de considĆ©ration.
Petit Ć petit, mes travaux sāagrandissent et sortent du format du livre. Je continue Ć me servir du support poĆ©tique, mais au lieu de suivre les rĆØgles du livre avec dāun cĆ“tĆ© le texte, de lāautre lāimage, textes et images sāentremĆŖlent et se dissolvent, noyĆ©s par la flaque dāencre. Les coulures dāacide et lāencre au sucre utilisĆ©es pour la gravure sont remplacĆ©es par des encres noires japonaises et des lavis composĆ©s dāessence de fleurs. Je reste comme Ƨa quelques annĆ©es Ć travailler avec lāencre et les pinceaux de calligraphie avant de rentrer vraiment dans la peinture en 2012. En premier lieu avec les sĆ©ries de paysages blancs, puis avec les sĆ©ries en couleurs inspirĆ©s par les poĆØmes dāAlain Marc.
ParallĆØlement Ć ces collaborations poĆ©tiques, et toujours dans la lignĆ©e de ce travail sur le paysage, naissent les projets dāinstallation en sculpture. Dāabord avec les cabanes installĆ©es en lisiĆØre dāune forĆŖt de Seine et Marne pour le festival de Land art, Ā« des artistes en campagnes Ā» en 2012. Puis avec les masques qui viennent en 201, rĆ©pondre Ć lāappel Ć insurrection artistique lancĆ© par la compagnie théâtrale Ā« Brut de BĆ©ton production Ā» contre la contamination nuclĆ©aire de la planĆØte.
Par la suite, Je suis restĆ©e en peinture dans cette idĆ©e de lāaprĆØs- catastrophe nuclĆ©aire, sur la constante dāune nature qui est lĆ malgrĆ© tout, et qui renaĆ®t toujours, malgrĆ© les mĆ©faits de lāhumanitĆ©. Ainsi, tous mes livres dāartistes et collaborations artistiques portent cette constante : un paysage calcinĆ© qui revient Ć la vie, un paysage initiatique qui ne se laisse dĆ©couvrir quāĆ travers les yeux du mystagogue : le peintre.
Toujours la vie ! Ā», dāaprĆØs un poĆØme dāAlain Marc, 150 x 200 cm
AprĆØs la tempĆŖte Ā», 180 x 120 cm
Au-delĆ du paysage Ā« , 180 x 120 cm
« images dāatelier, Malakoff, juillet 2024
Crédits photos : Marinette Delanné / Véronique Durruty »